mardi 11 août 2009

A la recherche de la münchebergamote (1)




Rentrons aujourd'hui dans le vif du sujet : quels sont les attraits de Müncheberg ? Voilà une interrogation tout à fait pertinente. Dynamisme culturel, architecture originale, autochtones accueuillants, ou ... cuisine savoureuse? Je sais qu'on est en Allemagne, mais après tout, Strasbourg a ses knacks, Nancy sa bergamote, Müncherberg doit donc avoir un emblème culinaire bien à lui. Ou à elle?

Ce qui soulève une deuxième interrogation : je ne connais même pas le genre de ma ville! Dois-je envisager mon village comme une demoiselle distinguée ou un jeune homme élégant? Si on considère que Müncheberg est littéralement "das Berg von Münche", on n'est guère avancé, avec leur stupide déterminant neutre! Mais si l'on traduit par "La montagne de Münche", il est possible de trancher sa poire en deux (non pas que je cherche déjà à défigurer Münche, je ne sais pas encore qui c'est).
Afin de répondre à mes questions existentielles, j'ai lancé plusieurs expéditions en allant "à la ville", afin d'énumérer tous les caractéristiques de la cité.

Observation N° 1 : Müncheberg est bel (?) et bien une ville historique, avec un mur d'enceinte médiéval encore observable aujourd'hui et très bien entretenu, ainsi que deux tours de garde, au nord et au sud, ravissants donjons de pierre désuets posés au bord de la route principale. D'après notre ami Wikipédia, très actif en ce moment, la cité a vu le jour au 13ème siècle, et fête en 2009 son 777ème jubilé municipal annuel (je me demande comment était le 666ème)...

Observation N°2 : Müncheberg a le sens de la discrétion et de la pudeur. Soucieuse de paraître à l'heure du dessert ce qu'elle n'est évidemment pas, c'est-à-dire un trou allemand, elle a subtilement dissimulé le peu de culture qui l'éclaboussait en cachant sa bibliothèque dans la nef de l'église, majestueux édifice visible de partout, posé solennellement sur sa butte (la fameuse Berg, sans doute). Elle a même poussé l'ingéniosité jusqu'à percher cette bibliothèque sur des échafaudages de bois très stylisés, version Arche de Noé perdue, histoire que seuls les plus tenaces et les plus avertis y puissent accéder. Et tant qu'à enfermer tous ses oeufs dans le même navire, la nef des fous sert aussi visiblement de salle de concert (remarquable piano à queue que je brûle d'envie d'essayer!) et de musée local où des artistes, que je soupconne de ne pas être encore disparus, exposent leurs oeuvres détonnantes. C'est à se demander s'ils ont encore la place de célébrer des messes, là-dedans.

Observation N°3 : C'est une ville plus étendue qu'on ne pourrait le croire. Bien que le centre-ville puisse pratiquement tenir dans mon frigo, la rue principale d'Eberswalde se prolonge sur des kilomètres, et l'aller-retour depuis chez moi jusqu'au centre culturel lithurgique prend tout de même une petite heure.

Observation N°4 : Müncheberg est assez séduisante pour attirer 3 grands magazins, à savoir un Netto, un Liddle et un Plus. Par contre la différence entre les 3 constitue encore un grand mystère pour moi... Les prix ont beau être plus qu'abordables (Berlin et ses environs étant remarquablement billig comparés aux villes d'Allemagne de l'ouest), ce type de supermarchés se caratérise par le fait qu'on ne ramène que le contraire de ce qu'on était venu chercher : étant parti en quête d'un couteau à légumes, d'un économiseur et d'un tuperware, je suis revenu avec des saucisses à frire à la bière, un bocal de choux rouge pré-cuit et des cornichons de Spreewald (oui, les fameux cornichons de Good Bye Lennin!). J'espére encore cependant trouver une spécialité gastronomique plus consistante. Je ne perds pas espoir, mon patron jovial m'ayant vanté les mérites typiquement locaux de la pizzeria du village et de son restaurant chinois!

A suivre...

lundi 10 août 2009

Herzlich Willkommen in der Forschungsstadt Müncheberg





Bien. Commencons par le début. Dans le cadre de mon stage de fin d'étude (dont je défie quiconque de pouvoir me le résumer clairement en moins de 5 pages), après avoir passé une petite année d'étude à Stockholm et être retourné quelques semaines en France, je passe trois mois en Allemagne, de la mi-juillet à l'ami octobre, en hibernant comme un ours d'été dans les environs de Berlin. Attention! J'attire la vôtre sur le fait que, ici, les mots importants sont "les environs", qu'on aurait tôt fait d'omettre dans un élan d'optimisme...

J'habite donc la sympatique bourgade de Müncheberg, une des rares villes d'importance (toute relative) aux alentours de Berlin, à 50 km du centre de la capitale, très précisément. Si l'on en croit le site municipal, tout à fait impartial, la quasi-mégalopole à l'est de Berlin compterai plus de 5000 habitants et plus de 7000 hectares en superficie. Démesuré, non?

Pour ma part, j'habite à proximité de l'artère principale (n'ayons pas peur des mots - surtout quand on les comprend), dans une petite ferme qui vend des oeufs frais et des petits lapins. Je loge dans une chambre avec mini-cuisine et une mini-salle de bain. Si l'on exclut l'absence de four et l'antipathie de mon thermostat d'eau chaude, l'endroit est plutôt gemütlich. Je possède de plus une télévision couleur avec télécommande, deux tableaux de maître étanches à l'eau, et, surtout, un éventail asiatique géant d'une grande beauté au-dessus de mon lit, qui remplace de facon avant-gardiste le crucifix d'antan, ainsi qu'une couverture rose pour égayer les jours gris. J'ai également la chance d'avoir une fenêtre donnant sur les jardins de la basse-cour, c'est-à-dire sur une mini-jungle vraissemblablement attenante au poulailler, puisque ces petites curieuses de pondeuses s'amusent de temps en temps à sauter sur le rebord pour jeter un coup d'oeil et de bec et vérifier que je vais bien.
Autre détail anecdotique : je n'ai pas de connexion Internet dans ma baronie, donc ne m'en voulez pas si les messages de ce blog sont quelques peu sporadiques et irréguliers (c'est ce qui fait tout leur charme après tout).

Mon adresse pour les cartes postales, les lettres de menace et les donations, est la suivante :

Gartenstraße 11
15374 Müncheberg
Deutschland

Ne vous amusez pas après à me la redemander (même si je sais que vous le referez). Histoire de ménager le suspense et les richesses foisonnantes que j'ai à vous narrer, je m'arrête là pour ce soir. Bis bald, tchüss, comme ils disent sur ma chaîne préférée!